lundi 18 mai 2020

Pour un air de vacances en Vendée

Une grande cuisine
Où on se plait à s'installer
Une cuisine véranda
Toute de vitres vêtue
Partageant avec le dehors
La cour, le jardin
Un parfum d'intimité.

Et puis, il y a ce banc
Banc poutre, banc brut
J'y dépose des noisettes
Noisettes stockées
Pour écureuils en vadrouille
Noisettes décortiquées
Pour écureuils repus
Noisettes planquées
Pour écureuils économes.

De temps à autre
Un chat en goguette
Prêt à bondir
Prêt à occire
Court au train
Des facétieux rongeurs
Tintin le félin
Ce sera pour un autre matin.

Une grande cuisine
Cuisine regard
Cuisine quiétude
Je reste assis
Sans un bruit
Pour profiter du spectacle.

lune2.png, mai 2020

vendredi 1 mai 2020

Couleurs

Texte réalisé au cours de l'atelier d'écriture :

Il s'agissait d'écrire un court poème sur ce que nous inspirait une couleur :

Jaune

Sous un plein soleil
Avec un grand verre de citronnade
Une casquette sur le front
Cette journée m'émerveille.

Noir

Couleur factice
Mélange des primaires
Sur la palette
On ne peut la créer.

Vert

On le dit d'espérance
Parfois anglais
Il sait se montrer galant
Et flirte en précieuse.

Voilures

La vision d’une piètre lueur
Peut infiltrer la peur
Et éviter le souci.

Dans un si frêle abri
Il n’est en rien désuet
D’inscrire des sonnets
Pour un hymne des corps
Fussent-ils en désaccord.

Sur les funestes monuments de la perte
Et des affres du temps
Sur les accidents et les tourments
Passe le fleuve des doux moments
Embarque ! La voie n’est pas déserte.

Pour un air de rengaine

Sur le tableau du passé
Des jumeaux s’entêtent à siffler
Un vieil air de rengaine
À la mode d’antan.

Les notes forment des gribouillis
Sautillant mesquinement
Aux frontières floutées
Des vases communicants.

Un jumeau s’interrompt
L’autre le regarde sévèrement
Mais pourquoi arrêter de siffler
Un vieil air de rengaine à la mode d’antan ?

Le tableau du passé se transforme
En une nouvelle forme de connaissance.

Spleen automnal

Le blé est moissonné,
La ville est lessivée,
L’automne chamarré
S’installe en maître
Sur les jours diminués.

Chacun s’active
À trouver un peu de chaleur tantôt en sa demeure;
Et bravant les flots de hallebardes
Trône dans les rues désertes aux pavés délavés
L’ombre sinistre d’un parfum d’abandon aux élans mélancoliques.

La ville s’effeuille,
L’automne chamarré
S’installe en despote
Sur les nuits rallongées.

Attitudes

Aïe, aïe, aïe

J’ai mal à mon calendrier
Les jours filent, les heures s’accélèrent,
Les secondes s’affolent,
Les minutes oublient la douceur des jours.

On croirait une vie en miniature
Un feu follet des siècles
Un radeau agité dans l’immensité de l’océan
Une chiquenaude du mouvant…

Je revendique, aujourd’hui, la « Slow Attitude » !
C’est une transition remplie de courage
La douceur d’un onctueux chocolat
Une oeuvre de pénardise
Une exposition du tranquillos
Une suave nonchalance
Aux notes argentées.

ressac-1024x768.jpg, mai 2020

Vous désirez un recueil de mes textes ? c’est par ici

Slam

Tout à la baramine
Quand la mine te mine
Des coups de grisou
Pour un salaire à quatre sous
Et les tonnes de charbon
Pour faire vivre le coron.

Quand le café est dégueulasse
Dans ton quart devenu crasse
Tu regardes vers l’horizon
Et tu te dis qu’t’as pas un rond

Putain de charbon
Putain de mine
À force d’être pris pour un con
Faudra bien que tu te détermines.

Dans une dernière goulée de jus crado
Tu trônes sous les lampes du Prado
Dans ton regard vide et majestueux
Le charbon passe, sinistre et tempétueux.


inspiré d’une photo de Pedro Luis Raota

Pedro Luis Raota.png, mai 2020

Le jardin

Un peu d'inspiration en me promenant dans un jardin :

Écrits anciens

Est-ce parce que je me rapproche à grand pas de la retraite ? J’ai eu envie de partager certains de mes textes écrits dans les années 70.

J’avais alors 15 ou 16 ans et usais (abusais ?) de  métaphores et de rimes systématiques.

Je vous laisse découvrir…



Paysage

Un serpent de sueur, caressant la nuque
Des montagnes, aux cheveux de velours foncé
Abreuvent des géants aux bras dégingandés
Qui chatouillent les pieds du ciel unique

Forêt

Ta face voilée par la brume légère
M’intrigue par tous tes reflets éphémères
Tes chemins m’ouvrent une faim insatiable
D’apprendre, de vivre parmi tes semblables

Basile

À mon petit-fils

Le petit être fragile
Gracile
Jamais immobile
Ne se fait pas de bile

Docile
Habile
Agile
Son visage pétille

L’air tranquille
On le reconnait entre mille
Je vous présente Basile !

dimanche 26 avril 2020

Ecritreve

Sur la table
Une feuille de papier
Un stylo quatre couleurs

Dans ma tête
Une foultitude de phrases
Une débauche de vers libres

Que faire de cette abondance
Sur l’immensité de la page ?
Comment dompter ce flux
Pour un si frêle feuillet ?

Le bic dans les starting-blocks
Je me prépare
Couleur noire
J’hésite
La bille se pose
Je me lance
Une phrase après l’autre
Lentement
Posément
Comme pour contraindre ma pensée.

Ce n’est qu’un premier jet
Il faudra le retravailler
Retourner sur le texte
Sur les vers sans rimes
Sur les strophes inachevées
Sur les accents chaleureux
Et les jambages d’opalescence.

Aujourd’hui encore
Je ne déposerai pas
Tout mon fouillis de vers !

Je pose mon stylo
Et conserve en moi
Des trésors d’imagination
Pour que le rêve ne tarisse pas.

écrire.jpg, avr. 2020

Les poupées russes

Dans ma tête
Il y a des poèmes
Dans mes poèmes
Il y a des strophes
Dans mes strophes
Il y a des vers
Dans mes vers
Il y a des mots
Dans mes mots
Il y a des lettres
Dans mes lettres
Il y a du son
Dans ma tête
Dansent les sons

Russian_dolls.jpg, avr. 2020

Pour un passionnant verbiage

Un généreux donateur
Dans une notable colère
Ivre de phrases empiriques
A distribué quelques lettres iniques
Aux équations malicieuses

La force du rouge
Dans les corrections systématiques
Rend la marge anxieuse
Et l’élève énervé

logo5-2.png, avr. 2020

Rimes

Ça rime
Sans frime
Ma strophe
Sans catastrophe

Ça rime
Sans prime
Des vers
Mais sans Baudelaire

Ça rime
Sans crime
Des pieds
Sans s’effrayer

Ça rime
Sans centimes
Mon recueil
Sans mille-feuille

Rimes-860x1024.png, avr. 2020

La vue

La vue
Évite bien des bévues
Comme d’être pris au dépourvu
Ou de finir en garde à vue

Quand je passe ses avantages en revue
Rien ne bouleverse mon point de vue
Ni l’impression de déjà vu
Même pas un air de m’as-tu-vu

Si tu n’as rien de prévu
Et que d’une bonne heure tu es pourvu
Je te prêterais ma longue vue
T’auras des astres une entrevue

œil-1.png, avr. 2020

Pluie

La pluie
Bruine passagère
Étend son voile
Sur la forêt.

Les feuilles bruissantes
Sous l’impulsion d’une brise
Éclaboussent sans retenue
Leurs voisines du dessous.

Le soleil
Pourtant
Risque un rayon
Et pose dans les ramures
Un arc aux teintes délicates.

L’ondée
De concert
Calme son ardeur
Et lève paisiblement
Son pendillon de gouttelettes.

Il n’en faut pas plus
Pour que reprennent les chants
Pour que frémissement les fougères
Pour que le murmure des passages
Annonce la clémence du temps.

Alors
Tout s’anime
Le claquement de l’envol
D’une nuée d’oiseaux
Envahit tout l’espace
C’est un rythme
Une mélodie échevelée
Un hymne à l’incertitude.

Mais
Brusquement
Une bise lugubre
Ramène ses guêtres
Avec ses régiments de nuages
Et des hallebardes cinglantes
s’abattent sur l’instant.

Alors
Tout se tait à nouveau
Il ne reste
Que le cinglement de l’orage
Et le ruissèlement de l’eau
Sur un sol engorgé.

Ondée-768x1024.png, avr. 2020

Marais salant

De son râteau
L’homme ratisse l’eau
Et attire le condiment
Sur les berges du marais salant.

Œuvrant sans lassitude
L’artisan, comme par habitude
Dépose son remarquable or blanc
Dans sa brouette sans faux semblant.

Il s’en ira vendre finalement
Au marchand sans empressement
Sa si précieuse halite
Si prête à relever la marmite.

Guerande-HD-768x1024.png, avr. 2020

Recette à la grimace

Atteindre des limites
Mais avec discrétion…

Patienter pour que le caillou
Ne rechigne plus à devenir oiseau
Siffler sur la vieillesse du silence
Et boucher ses oreilles
Sur d’adultes propos.

Relever l’ancre avec fracas
Pour lifter les grimaces
À l’aube du renouveau..

Recette en triolet

Pour écrire un bon poème
Nul besoin de grandes questions
Prendre ce que le vent amène

Ajouter de vieux phonèmes
Et éviter les requiem
Avec les mots, point de baston
La rime est ce qu’il aime
Il revivra à la saison

samedi 25 avril 2020

Tranches de vies

La tronche dans le filet
La confiance en rade
Une fâcheuse fâcherie
Fauchait la fashion

Une fois passé les noms d’oiseaux
Il fallait passer à plus hard
À la «métale» gueulande

Le tarbouiffe sur le carreau
Façon reine de cœur
À voir venir
Et à protester du moment
Où le moment s’emmêle
Dans les mailles du filet.

https://ecritreve.fr/anosplumes/public/Poe_sieTranches-de-vies-643x1024.jpg