vendredi 1 mai 2020

Écrits anciens

Est-ce parce que je me rapproche à grand pas de la retraite ? J’ai eu envie de partager certains de mes textes écrits dans les années 70.

J’avais alors 15 ou 16 ans et usais (abusais ?) de  métaphores et de rimes systématiques.

Je vous laisse découvrir…



Paysage

Un serpent de sueur, caressant la nuque
Des montagnes, aux cheveux de velours foncé
Abreuvent des géants aux bras dégingandés
Qui chatouillent les pieds du ciel unique

Forêt

Ta face voilée par la brume légère
M’intrigue par tous tes reflets éphémères
Tes chemins m’ouvrent une faim insatiable
D’apprendre, de vivre parmi tes semblables

Basile

À mon petit-fils

Le petit être fragile
Gracile
Jamais immobile
Ne se fait pas de bile

Docile
Habile
Agile
Son visage pétille

L’air tranquille
On le reconnait entre mille
Je vous présente Basile !

jeudi 30 avril 2020

Cupidon s'en fout ?

Pour cette étude, nous partirons d'une considération essentielle  : peut-on, comme le suggère Rita Mitsouko, partir du postulat suivant : "les histoires d'amour finissent mal !".

Comme dans toute analyse qui se respecte ; nous soulignerons, en référence,  la définition du verbe aimer en langue française, en effet, on peut tout aussi bien aimer un conjoint, un(e) ami(e), un membre de sa fratrie, un(e) cousin(e), un chat, un chien, une soupe et la saucisse de Francfort. on aime toujours mais différemment...

Afin d'éclairer nos propos, nous prendrons le cas de Jojo et de Gertrude.

Jojo, profitant des bienfaits d'un soleil printanier des plus agréables, se promenait en sifflotant dans les allées du zoo de la ville. C'est alors qu'il aperçut, non loin de lui, Gertrude sortie, elle aussi, pour s'aérer les méninges après plusieurs semaines de confinement.

L'allure altière de Gertrude, son port de tête, ses jambes élancées firent fondre littéralement le palpitant de Jojo.

Jojo, en gentleman, sut ne pas trop montrer son émoi mais il devait bien en convenir, il venait d'être frappé de plein fouet par un mémorable coup de foudre.

Gertrude, elle non plus, n'était pas indifférente aux charmes de Jojo, sa stature plutôt râblée, sa façon de se mouvoir de manière totalement dégingandée, son côté un peu bad boy n'étaient pas pour lui déplaire.

Mais, il y avait un problème, leur amour s'annonçait quasiment impossible et les deux amoureux en pleuraient à chaudes larmes de déchirement et d'impuissance. Pendant des mois et des mois, ils se rencontrèrent au zoo, avec le même élan excusif mais, à chaque fois, ils se trouvaient confrontés à une sorte de chimère passionnelle.

Doit-on en conclure que cet amour langoureux devait, forcément, finir mal ou devaient-ils apprendre à s'aimer autrement ?

Mais, me direz-vous : "pourquoi cette flamme partagée était-elle à ce point impossible et tragique ?" C'est un fait, il ne faudrait pas omettre un détail secondaire pour notre étude : Gertrude est une girafe et Jojo un teckel !

900px-Cupidon_Lenôtre.jpg, avr. 2020

dimanche 26 avril 2020

L’épanadiplose

Définition : Selon le Petit Robert ; l’épanadiplose est une figure de style consistant à répéter, à la fin d’une proposition, le mot ou le groupe de mots qui débute cette proposition.

J’ai proposé ce jeu lors d’un atelier d’écriture que j’animais.

Le texte quelque peu surréaliste que j’ai écrit avec ces contraintes :

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Ecritreve

Sur la table
Une feuille de papier
Un stylo quatre couleurs

Dans ma tête
Une foultitude de phrases
Une débauche de vers libres

Que faire de cette abondance
Sur l’immensité de la page ?
Comment dompter ce flux
Pour un si frêle feuillet ?

Le bic dans les starting-blocks
Je me prépare
Couleur noire
J’hésite
La bille se pose
Je me lance
Une phrase après l’autre
Lentement
Posément
Comme pour contraindre ma pensée.

Ce n’est qu’un premier jet
Il faudra le retravailler
Retourner sur le texte
Sur les vers sans rimes
Sur les strophes inachevées
Sur les accents chaleureux
Et les jambages d’opalescence.

Aujourd’hui encore
Je ne déposerai pas
Tout mon fouillis de vers !

Je pose mon stylo
Et conserve en moi
Des trésors d’imagination
Pour que le rêve ne tarisse pas.

écrire.jpg, avr. 2020

Souvenir

Jeu d’atelier d’écriture : Narrer un évènement passé en 5 lignes maximum au présent de l’indicatif.

Voici mon histoire, elle m’est réellement arrivée :

J’ai six ans, je me réveille, je suis allongé dans mon lit mais ne peux dégager les draps pour prendre ma respiration. J’étouffe, je panique, je crie, on vient, c’est la voix de mon père, je hurle, j’ai la tête au fond du lit… Il me dégage, me rassure, je souffle, je suis soulagé !

literie-1024x683.jpeg, avr. 2020

Le vers brisé

Concrètement, l’animateur d’atelier d’écriture va proposer un poème déchiré. Chaque écrivant devra créer 2 poèmes à partir des deux morceaux.
Une partie (côté gauche) commence le premier poème. L’autre partie termine le côté droit du second poème.

Voici le texte de départ, il s’agit d’un poème de Maurice Carême.

L’automne

L’automne, au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elle valse aux bras
Du vent qui les emporte
On dit qu’elles sont mortes
Mais personne n’y croit
L’automne, au coin du bois
Joue de l’harmonica.

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Coloristique

Jeu d’atelier d’écriture : écrire un texte à partir d’une œuvre de Mihai Criste

Mihai-Criste_11-1024x783.jpg, avr. 2020

Voici mon texte :

Couleurs bigarrées ou
Couleurs d’harmonie
Sur des flots de hasard
Swingue une frégate.

Sûrement un hacker gouaché
Si j’en crois les pavillons noirs
Mais rien n’est moins sûr.

Sur les voiles de toile
De grands noms
Monet et Munch
Vinci et Kandinsky
Botticelli ou Van Gogh
C’est un moment d’impression
De teinturier coloriste
Quand les rames productives
Transfèrent l’oeuvre
De Mihai Criste

Couleurs bigarrées ou
Couleurs d’harmonie
Sur des flots de hasard
Swingue une frégate.

Les poupées russes

Dans ma tête
Il y a des poèmes
Dans mes poèmes
Il y a des strophes
Dans mes strophes
Il y a des vers
Dans mes vers
Il y a des mots
Dans mes mots
Il y a des lettres
Dans mes lettres
Il y a du son
Dans ma tête
Dansent les sons

Russian_dolls.jpg, avr. 2020

Acrostiches textuels

À partir de la phrase « tout sera pâle et gris »

Tout le monde s’active, il
Sera bientôt minuit et le revenant
Pâle et tremblant rendra tout de suite
Gris les cheveux de l’assistance.

À partir de la phrase « dans les toilettes d’un café »

Dans un passé lointain
Les dames d’origine bourgeoise portaient des
Toilettes achetées à Paris près
D’un boulevard creusé non loin d’un
Café peuplé de rieurs prolétaires.

À partir de la phrase «il reprit sa respiration »

Il ne fallut pas grand chose, il
Reprit sa marche forcée vers la ville
Sa conscience vacilla et sa
Respiration devint douloureuse et fugace.

Si un jour

Poèmes courts réalisés en atelier d’écriture à partir de la consigne suivante : Chaque début de texte doit impérativement commencer par « si un jour ».

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Pour un passionnant verbiage

Un généreux donateur
Dans une notable colère
Ivre de phrases empiriques
A distribué quelques lettres iniques
Aux équations malicieuses

La force du rouge
Dans les corrections systématiques
Rend la marge anxieuse
Et l’élève énervé

logo5-2.png, avr. 2020

Rimes

Ça rime
Sans frime
Ma strophe
Sans catastrophe

Ça rime
Sans prime
Des vers
Mais sans Baudelaire

Ça rime
Sans crime
Des pieds
Sans s’effrayer

Ça rime
Sans centimes
Mon recueil
Sans mille-feuille

Rimes-860x1024.png, avr. 2020

La vue

La vue
Évite bien des bévues
Comme d’être pris au dépourvu
Ou de finir en garde à vue

Quand je passe ses avantages en revue
Rien ne bouleverse mon point de vue
Ni l’impression de déjà vu
Même pas un air de m’as-tu-vu

Si tu n’as rien de prévu
Et que d’une bonne heure tu es pourvu
Je te prêterais ma longue vue
T’auras des astres une entrevue

œil-1.png, avr. 2020

Écrire enfin !

Prendre son clavier, taper quelques lettres, quelques phrases, imaginer une aventure ; se documenter, parcourir le temps et l’espace, s’installer dans une époque, se mettre à la place de ; explorer, deviner, émettre une hypothèse, retracer des chemins, ouvrir des champs et rêver encore…

Les paragraphes s’unissent pour accoucher d’un texte, opuscule lu et relu, exprimé à voix haute jusqu’à buter, corriger, modifier, couper, coller, aligner.

Puis le sourire point, voilà, c’est ma nouvelle… nouvelle !

Pont-Audemer3-1024x575.jpg, avr. 2020

Acrostiche

Cet acrostiche est un petit jeu classique réalisé en atelier d’écriture.
Chaque lettre en début de vers est une lettre de mon prénom.
Ainsi, vous pourrez retrouver intégralement mon prénom à la verticale).

Juste le temps d’écrire
Est-ce s’accrocher et
Accepter le défi d’un
Nuage de mots ?

Cocarde d’idées
Les verbes glissent
Au-delà des marges
Une vague d’émotion
Déshabille mes rimes
Et modifie le tempo.

Vous en voulez un autre ?
Toujours avec mon prénom, celui-ci est plus ancien :

Jʼaimerais tant
Encourager lʼhumain
À ne plus sʼentretuer dans
Nos natures dénaturées.

Cʼest un rêve
Lʼhistoire dʼun songe démesuré
Auquel rien ne me préparait
Une lettre ouverte sur lʼavenir
Dégrippant les chaînes
Et ouvrant la porte des cachots.

charlot.png, avr. 2020

Pluie

La pluie
Bruine passagère
Étend son voile
Sur la forêt.

Les feuilles bruissantes
Sous l’impulsion d’une brise
Éclaboussent sans retenue
Leurs voisines du dessous.

Le soleil
Pourtant
Risque un rayon
Et pose dans les ramures
Un arc aux teintes délicates.

L’ondée
De concert
Calme son ardeur
Et lève paisiblement
Son pendillon de gouttelettes.

Il n’en faut pas plus
Pour que reprennent les chants
Pour que frémissement les fougères
Pour que le murmure des passages
Annonce la clémence du temps.

Alors
Tout s’anime
Le claquement de l’envol
D’une nuée d’oiseaux
Envahit tout l’espace
C’est un rythme
Une mélodie échevelée
Un hymne à l’incertitude.

Mais
Brusquement
Une bise lugubre
Ramène ses guêtres
Avec ses régiments de nuages
Et des hallebardes cinglantes
s’abattent sur l’instant.

Alors
Tout se tait à nouveau
Il ne reste
Que le cinglement de l’orage
Et le ruissèlement de l’eau
Sur un sol engorgé.

Ondée-768x1024.png, avr. 2020

Flash

Quelques poèmes de type flash, ce ne sont pas des haïkus car ils n’en respectent pas les règles ; l’objectif était d’écrire trois vers exprimant (en peu de mots) une expression, un sentiment ou un ressenti.

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Menu calviniste

Le but de ce jeu d’atelier d’écriture était de se servir du champ lexical pour concevoir un menu thématique (comme au restaurant) en rapport avec un métier, une période de l’Histoire, une émotion etc.

Pour ma part, j’ai choisi d’évoquer l’histoire de Jean Calvin, grande figure du protestantisme.

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Fratries

Ce mercredi-là, j’ai invité les écrivants à s’exprimer dans un jeu de réécriture (déjà proposé dans le cadre d’un atelier d’écriture par un autre animateur à la bibliothèque Parment à Rouen). Nous sommes repartis d’un incipit commun, une phrase tirée du roman « Un amour de Geek » de Luc Blanvillain :

« C’est pas vrai !! hurla Thomas, furieux, en balançant sa souris contre le mur. Je me suis fait exclure du jeu par l’administrateur réseau ! »

Pauline, sa petite sœur, qui lisait un livre de filles, assise en tailleur dans le grand fauteuil, répondit calmement : »

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