mardi 28 juillet 2020

Le ménage acrobatique

Au diable seaux, serpillières et balayettes,
Au feu balais, brosses et plumeaux
Voici le temps du modernisme
Voici le funambulisme ménager !
 
Laissez passer le robot !
Distorsion et contorsion
Le voici
Passage à la corde
Monocycle et diabolo
Dévorant la poussière
Trampoline et enchaînements.
 
Juché sur une chaise acrobatique
Équilibre et déséquilibre
Vous restez coi
Double salto et mât chinois
Saltimbanque désabusé
Équilibriste d'un autre temps
Comme un trapéziste danse
Au gré des saisons.


lundi 13 juillet 2020

La fête Tsigane

Derrière le bosquet
Dans le ciel couchant
S’élèvent des clameurs
Des rires et des chants

Là-bas
Se trémousse un violon
C’est la marche des Tsiganes
Des rêves de roulottes
Aux chevaux d’aventures

Là-bas
Crépite un feu de camp
Les yeux brillent
Les jupes tournoient
Dans un rythme effréné

Des violons de fortune
Et les guitares logorrhéiques
Jonglent avec les notes
Transcendant le temps
Aux temps chéris
De la fête gitane.

caravanes.jpg, juil. 2020

Image par Wendy Corniquet

mercredi 1 juillet 2020

La fausse quatrième de couverture

Consigne :

Écrire la quatrième de couverture d’un livre qui n’existe pas ou dont on imagine l’existence… (Sur une idée de Pierre Frenkiel - 109 jeux d’écriture).

Mon texte :

Cet ouvrage retrace le dédale et la pluralité des réalisations autour de la question des marionnettes issues d'une histoire centenaire.

Théâtre moderne aux multiples péripéties, ses couleurs chatoyantes attirent l'œil qui se perd dans les détails.

Dans une démarche scientifique irréprochable, le sociologue Gérard Leguignol vous conte les secrets de ces objectivations scénographiques.

puppet-show.jpg, juin 2020

samedi 27 juin 2020

Bille en tête

Consigne : Le but de ce jeu d’atelier d’écriture est de rédiger un texte dans lequel ce sont les choses qui parlent.

Mon texte :

Aller, j’y vais bille en tête, en mode patinoire, sur la surface opalescente de ma copine toujours à la page… Pas trop grenue, la miss, certes sa blancheur extrême manque du bronzage reconditionné, mais le contact est excellent, on risque de devenir amis, c’est sûr !

Mes circonvolutions la chatouillent un brin, je lui tatoue sur la peau des déliés d’espérance, j’y trace des vers, des strophes, des alexandrins aux douzains composites et je zappe !

Je zappe en couleurs ; tantôt rouge ou bleu, tantôt vert ou noir, ma mie épouse des volumes, brasse de la gaieté. On y conjugue hardiment un petit air de fête, des flonflons pétillants, on y croise Jacques Tati sur son vélo, tout en facteur vêtu, slalomant approximativement après moult canons… y’a de la liesse, y’a d’la fanfare, y’a… la fin d’un rêve !

À mon grand désespoir, j’entends ce salopiaud d’auteur déclamer victorieusement : « il ne me reste plus qu’à taper ce texte ! »

bille en tête.png, juin 2020

dimanche 21 juin 2020

Jours anciens

C'est une vieille photo en noir et blanc
Un peu jaunie
Blessée par les décennies.

Une plage vêtue par moult galets
Y trône en maître
Mais pas une plage normande
Nice peut-être
À cause des palmiers.

Et sous ces palmiers,
Sous ce soleil de plomb,
Dans cette fournaise de midi,
Un couple
Avancé en âge,
Un peu plié,
Un peu courbé,
Extraordinaire et dérisoire,
Flamboyant et fragile,
Mais debout !

Et sous les rayons "dardants",
Dans cette luminosité d'antan,
Leurs visages reflètent un sentiment.
Dans leurs yeux brillants,
Dans l'amusement d'un sourire,
Défilent leurs existences
Réunies là ;
À ce moment précis,
Près d'une plage de galets,
Sous les palmiers,
À Nice...
Jours anciens.png, juin 2020

mardi 9 juin 2020

Martinets

Dans un ciel de coton
Un ballet de martinets
Infatigables acrobates
Dessinent l'insouciance.

vendredi 5 juin 2020

Inspiration sur un air de Satie

Un lac tranquille scintille
Ses reflets romantiques
Tentent d'effleurer
Quelques accents de tendresse

Là bas
Des monts titanesques
se reflètent dans l'onde
Onde morose
Onde fébrile
Ondes mélodiques
S'envolant des touches
D'un piano mélancolique

Un lac tranquille scintille
Sur des notes chimériques.

vendredi 22 mai 2020

L'âne et le hérisson

Par un temps extrême de froidure
Jonglant avec des degrés négatifs
Maître l’âne, content de sa personne
S’en vint dans sa demeure
Déposa ses effets
Et s’entretint avec Morphée.

Ses ronflements tel un passage Mach un
De mirage assermenté
Attirèrent Maître Hérisson
Grelottant, frigorifié
À la porte de ce logis.

La chaleur de l’âtre
Pourtant bénéfique
Ne procurèrent pas assez
De manne chaleureuse
Et Maître Hérisson restait gelé…

Visant à quelques mètres
Un futal jeté à terre
Il eut l’idée de se nicher
Au cœur d’une de ses poches
Pour rallumer toute sa vitalité.

Maître l’âne, ragaillardi par son roupillon
Enfila son pantalon
Et se frotta sans autre forme de procès
Aux piquants de son hôte bienheureux.

Ôtant l’invité de sa fouille
Sa carte bleue en chut
sans que Maître l’âne
Ne s’en rende compte
Et il partit sans pognon
À la ville
Faire ses courses.

Moralité :
Si tu ne veux pas manquer de liquidités
Vaut mieux éviter les hérissons dans les poches.

lundi 18 mai 2020

Pour un air de vacances en Vendée

Une grande cuisine
Où on se plait à s'installer
Une cuisine véranda
Toute de vitres vêtue
Partageant avec le dehors
La cour, le jardin
Un parfum d'intimité.

Et puis, il y a ce banc
Banc poutre, banc brut
J'y dépose des noisettes
Noisettes stockées
Pour écureuils en vadrouille
Noisettes décortiquées
Pour écureuils repus
Noisettes planquées
Pour écureuils économes.

De temps à autre
Un chat en goguette
Prêt à bondir
Prêt à occire
Court au train
Des facétieux rongeurs
Tintin le félin
Ce sera pour un autre matin.

Une grande cuisine
Cuisine regard
Cuisine quiétude
Je reste assis
Sans un bruit
Pour profiter du spectacle.

lune2.png, mai 2020

vendredi 1 mai 2020

Essor de chienlit

Texte farfelu rédigé, juste pour rire un peu, à partir d’une photographie au cours d’un atelier d’écriture.



C’est la danse des chiens
Chiens de céramique
Ou chien des Deschiens
Couché en chien de fusil
Ou bien chien d’autrichien
À chacun d’y mettre du « chien »
Même si on est cabochien.

Et si de bon matin
Se lève un dur mâtin
Croyez-en Tintin
Ce n’est pas du baratin !

J’en ai parlé à Milou
Qui d’ailleurs portait un loup
Il m’a dit « t’es plus dans l’coup ! »
T’es largué, tu es à bout !

C’est la danse des chiens
Chiens Deschiens
Ou gens de biens
La photo ne m’inspire plus rien
J’plane trop, j’suis aérien !

danse des chiens.png, mai 2020

Couleurs

Texte réalisé au cours de l'atelier d'écriture :

Il s'agissait d'écrire un court poème sur ce que nous inspirait une couleur :

Jaune

Sous un plein soleil
Avec un grand verre de citronnade
Une casquette sur le front
Cette journée m'émerveille.

Noir

Couleur factice
Mélange des primaires
Sur la palette
On ne peut la créer.

Vert

On le dit d'espérance
Parfois anglais
Il sait se montrer galant
Et flirte en précieuse.

Voilures

La vision d’une piètre lueur
Peut infiltrer la peur
Et éviter le souci.

Dans un si frêle abri
Il n’est en rien désuet
D’inscrire des sonnets
Pour un hymne des corps
Fussent-ils en désaccord.

Sur les funestes monuments de la perte
Et des affres du temps
Sur les accidents et les tourments
Passe le fleuve des doux moments
Embarque ! La voie n’est pas déserte.

Pour un air de rengaine

Sur le tableau du passé
Des jumeaux s’entêtent à siffler
Un vieil air de rengaine
À la mode d’antan.

Les notes forment des gribouillis
Sautillant mesquinement
Aux frontières floutées
Des vases communicants.

Un jumeau s’interrompt
L’autre le regarde sévèrement
Mais pourquoi arrêter de siffler
Un vieil air de rengaine à la mode d’antan ?

Le tableau du passé se transforme
En une nouvelle forme de connaissance.

Spleen automnal

Le blé est moissonné,
La ville est lessivée,
L’automne chamarré
S’installe en maître
Sur les jours diminués.

Chacun s’active
À trouver un peu de chaleur tantôt en sa demeure;
Et bravant les flots de hallebardes
Trône dans les rues désertes aux pavés délavés
L’ombre sinistre d’un parfum d’abandon aux élans mélancoliques.

La ville s’effeuille,
L’automne chamarré
S’installe en despote
Sur les nuits rallongées.

Attitudes

Aïe, aïe, aïe

J’ai mal à mon calendrier
Les jours filent, les heures s’accélèrent,
Les secondes s’affolent,
Les minutes oublient la douceur des jours.

On croirait une vie en miniature
Un feu follet des siècles
Un radeau agité dans l’immensité de l’océan
Une chiquenaude du mouvant…

Je revendique, aujourd’hui, la « Slow Attitude » !
C’est une transition remplie de courage
La douceur d’un onctueux chocolat
Une oeuvre de pénardise
Une exposition du tranquillos
Une suave nonchalance
Aux notes argentées.

ressac-1024x768.jpg, mai 2020

Vous désirez un recueil de mes textes ? c’est par ici

Tres Hombres

Hissez la grand-voile !

L’ordre est donné
Le port s’éloigne à vive allure.

Jules, du haut de ses quinze ans
Sanglote en retrait
Première fois qu’il prend la mer
Première fois qu’on le prend pour un grand
Première fois qu’il bosse !

Bosse ?

Des bosses, il en a pris
Dans sa chienne d’existence

Boss ?

Tiens, le voilà, le Bosco
Le maître à bord

Et dans les cales repose
Une pleine cargaison de vin bio
Pour l’Angleterre.

Et dans les voiles,
Danse comme un air d’antan
Une symphonie d’Éole
En l’honneur de Bacchus
Un rythme des énergies
Un affairement de chaque instant.

Jules, tout penaud, essuie ses yeux
Se mouche le nez et sourit
Il se dit intérieurement :
« Bouge moussaillon ! »

Et la brigantine continue
À braver les flots
Au cœur du 21ème siècle !


Librement inspiré de cette vidéo :

Diantre, quelques homéotéleutes.

Je ne regrette pas d’avoir écouté cette playlist
Sa musique entrainante
Va m’apporter
De la motivation pour toute la journée
Du peps !
Du printemps à longueur d’année,
Du voltage, déchirant les enceintes,
Un hymne personnalisé pour la gratte d’Hendrix.

Tiens, une erreur
Pour ce nouveau chœur
Il manque d’accordeurs
Asteure.

Car si le violon apporte la douceur,
La « hardeur » d’une bonne basse
Qui passe et que rien ne lasse
Ne casse pas la nasse
Des notes qui dénotent
Des potes de Paul Potts

M’accorderiez-vous cette danse, Gentle dame ?
Le flux et le reflux amoureux
M’égare et je me gare en gare
Près d’une mare en flemmard…
Qui donc se marre ?
Tant pis, c’est dit, je ne piquerai pas un fard…


Nota bene : L’homéotéleute est une répétition de sons sur des syllabes finales.

Slam

Tout à la baramine
Quand la mine te mine
Des coups de grisou
Pour un salaire à quatre sous
Et les tonnes de charbon
Pour faire vivre le coron.

Quand le café est dégueulasse
Dans ton quart devenu crasse
Tu regardes vers l’horizon
Et tu te dis qu’t’as pas un rond

Putain de charbon
Putain de mine
À force d’être pris pour un con
Faudra bien que tu te détermines.

Dans une dernière goulée de jus crado
Tu trônes sous les lampes du Prado
Dans ton regard vide et majestueux
Le charbon passe, sinistre et tempétueux.


inspiré d’une photo de Pedro Luis Raota

Pedro Luis Raota.png, mai 2020

Le jardin

Un peu d'inspiration en me promenant dans un jardin :

Écrits anciens

Est-ce parce que je me rapproche à grand pas de la retraite ? J’ai eu envie de partager certains de mes textes écrits dans les années 70.

J’avais alors 15 ou 16 ans et usais (abusais ?) de  métaphores et de rimes systématiques.

Je vous laisse découvrir…



Paysage

Un serpent de sueur, caressant la nuque
Des montagnes, aux cheveux de velours foncé
Abreuvent des géants aux bras dégingandés
Qui chatouillent les pieds du ciel unique

Forêt

Ta face voilée par la brume légère
M’intrigue par tous tes reflets éphémères
Tes chemins m’ouvrent une faim insatiable
D’apprendre, de vivre parmi tes semblables

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