vendredi 22 mai 2020

L'âne et le hérisson

Par un temps extrême de froidure
Jonglant avec des degrés négatifs
Maître l’âne, content de sa personne
S’en vint dans sa demeure
Déposa ses effets
Et s’entretint avec Morphée.

Ses ronflements tel un passage Mach un
De mirage assermenté
Attirèrent Maître Hérisson
Grelottant, frigorifié
À la porte de ce logis.

La chaleur de l’âtre
Pourtant bénéfique
Ne procurèrent pas assez
De manne chaleureuse
Et Maître Hérisson restait gelé…

Visant à quelques mètres
Un futal jeté à terre
Il eut l’idée de se nicher
Au cœur d’une de ses poches
Pour rallumer toute sa vitalité.

Maître l’âne, ragaillardi par son roupillon
Enfila son pantalon
Et se frotta sans autre forme de procès
Aux piquants de son hôte bienheureux.

Ôtant l’invité de sa fouille
Sa carte bleue en chut
sans que Maître l’âne
Ne s’en rende compte
Et il partit sans pognon
À la ville
Faire ses courses.

Moralité :
Si tu ne veux pas manquer de liquidités
Vaut mieux éviter les hérissons dans les poches.

lundi 18 mai 2020

Pour un air de vacances en Vendée

Une grande cuisine
Où on se plait à s'installer
Une cuisine véranda
Toute de vitres vêtue
Partageant avec le dehors
La cour, le jardin
Un parfum d'intimité.

Et puis, il y a ce banc
Banc poutre, banc brut
J'y dépose des noisettes
Noisettes stockées
Pour écureuils en vadrouille
Noisettes décortiquées
Pour écureuils repus
Noisettes planquées
Pour écureuils économes.

De temps à autre
Un chat en goguette
Prêt à bondir
Prêt à occire
Court au train
Des facétieux rongeurs
Tintin le félin
Ce sera pour un autre matin.

Une grande cuisine
Cuisine regard
Cuisine quiétude
Je reste assis
Sans un bruit
Pour profiter du spectacle.

lune2.png, mai 2020

vendredi 1 mai 2020

Essor de chienlit

Texte farfelu rédigé, juste pour rire un peu, à partir d’une photographie au cours d’un atelier d’écriture.



C’est la danse des chiens
Chiens de céramique
Ou chien des Deschiens
Couché en chien de fusil
Ou bien chien d’autrichien
À chacun d’y mettre du « chien »
Même si on est cabochien.

Et si de bon matin
Se lève un dur mâtin
Croyez-en Tintin
Ce n’est pas du baratin !

J’en ai parlé à Milou
Qui d’ailleurs portait un loup
Il m’a dit « t’es plus dans l’coup ! »
T’es largué, tu es à bout !

C’est la danse des chiens
Chiens Deschiens
Ou gens de biens
La photo ne m’inspire plus rien
J’plane trop, j’suis aérien !

danse des chiens.png, mai 2020

Couleurs

Texte réalisé au cours de l'atelier d'écriture :

Il s'agissait d'écrire un court poème sur ce que nous inspirait une couleur :

Jaune

Sous un plein soleil
Avec un grand verre de citronnade
Une casquette sur le front
Cette journée m'émerveille.

Noir

Couleur factice
Mélange des primaires
Sur la palette
On ne peut la créer.

Vert

On le dit d'espérance
Parfois anglais
Il sait se montrer galant
Et flirte en précieuse.

Voilures

La vision d’une piètre lueur
Peut infiltrer la peur
Et éviter le souci.

Dans un si frêle abri
Il n’est en rien désuet
D’inscrire des sonnets
Pour un hymne des corps
Fussent-ils en désaccord.

Sur les funestes monuments de la perte
Et des affres du temps
Sur les accidents et les tourments
Passe le fleuve des doux moments
Embarque ! La voie n’est pas déserte.

Pour un air de rengaine

Sur le tableau du passé
Des jumeaux s’entêtent à siffler
Un vieil air de rengaine
À la mode d’antan.

Les notes forment des gribouillis
Sautillant mesquinement
Aux frontières floutées
Des vases communicants.

Un jumeau s’interrompt
L’autre le regarde sévèrement
Mais pourquoi arrêter de siffler
Un vieil air de rengaine à la mode d’antan ?

Le tableau du passé se transforme
En une nouvelle forme de connaissance.

Spleen automnal

Le blé est moissonné,
La ville est lessivée,
L’automne chamarré
S’installe en maître
Sur les jours diminués.

Chacun s’active
À trouver un peu de chaleur tantôt en sa demeure;
Et bravant les flots de hallebardes
Trône dans les rues désertes aux pavés délavés
L’ombre sinistre d’un parfum d’abandon aux élans mélancoliques.

La ville s’effeuille,
L’automne chamarré
S’installe en despote
Sur les nuits rallongées.

Attitudes

Aïe, aïe, aïe

J’ai mal à mon calendrier
Les jours filent, les heures s’accélèrent,
Les secondes s’affolent,
Les minutes oublient la douceur des jours.

On croirait une vie en miniature
Un feu follet des siècles
Un radeau agité dans l’immensité de l’océan
Une chiquenaude du mouvant…

Je revendique, aujourd’hui, la « Slow Attitude » !
C’est une transition remplie de courage
La douceur d’un onctueux chocolat
Une oeuvre de pénardise
Une exposition du tranquillos
Une suave nonchalance
Aux notes argentées.

ressac-1024x768.jpg, mai 2020

Vous désirez un recueil de mes textes ? c’est par ici

Tres Hombres

Hissez la grand-voile !

L’ordre est donné
Le port s’éloigne à vive allure.

Jules, du haut de ses quinze ans
Sanglote en retrait
Première fois qu’il prend la mer
Première fois qu’on le prend pour un grand
Première fois qu’il bosse !

Bosse ?

Des bosses, il en a pris
Dans sa chienne d’existence

Boss ?

Tiens, le voilà, le Bosco
Le maître à bord

Et dans les cales repose
Une pleine cargaison de vin bio
Pour l’Angleterre.

Et dans les voiles,
Danse comme un air d’antan
Une symphonie d’Éole
En l’honneur de Bacchus
Un rythme des énergies
Un affairement de chaque instant.

Jules, tout penaud, essuie ses yeux
Se mouche le nez et sourit
Il se dit intérieurement :
« Bouge moussaillon ! »

Et la brigantine continue
À braver les flots
Au cœur du 21ème siècle !


Librement inspiré de cette vidéo :

Diantre, quelques homéotéleutes.

Je ne regrette pas d’avoir écouté cette playlist
Sa musique entrainante
Va m’apporter
De la motivation pour toute la journée
Du peps !
Du printemps à longueur d’année,
Du voltage, déchirant les enceintes,
Un hymne personnalisé pour la gratte d’Hendrix.

Tiens, une erreur
Pour ce nouveau chœur
Il manque d’accordeurs
Asteure.

Car si le violon apporte la douceur,
La « hardeur » d’une bonne basse
Qui passe et que rien ne lasse
Ne casse pas la nasse
Des notes qui dénotent
Des potes de Paul Potts

M’accorderiez-vous cette danse, Gentle dame ?
Le flux et le reflux amoureux
M’égare et je me gare en gare
Près d’une mare en flemmard…
Qui donc se marre ?
Tant pis, c’est dit, je ne piquerai pas un fard…


Nota bene : L’homéotéleute est une répétition de sons sur des syllabes finales.

Slam

Tout à la baramine
Quand la mine te mine
Des coups de grisou
Pour un salaire à quatre sous
Et les tonnes de charbon
Pour faire vivre le coron.

Quand le café est dégueulasse
Dans ton quart devenu crasse
Tu regardes vers l’horizon
Et tu te dis qu’t’as pas un rond

Putain de charbon
Putain de mine
À force d’être pris pour un con
Faudra bien que tu te détermines.

Dans une dernière goulée de jus crado
Tu trônes sous les lampes du Prado
Dans ton regard vide et majestueux
Le charbon passe, sinistre et tempétueux.


inspiré d’une photo de Pedro Luis Raota

Pedro Luis Raota.png, mai 2020

Le jardin

Un peu d'inspiration en me promenant dans un jardin :

Écrits anciens

Est-ce parce que je me rapproche à grand pas de la retraite ? J’ai eu envie de partager certains de mes textes écrits dans les années 70.

J’avais alors 15 ou 16 ans et usais (abusais ?) de  métaphores et de rimes systématiques.

Je vous laisse découvrir…



Paysage

Un serpent de sueur, caressant la nuque
Des montagnes, aux cheveux de velours foncé
Abreuvent des géants aux bras dégingandés
Qui chatouillent les pieds du ciel unique

Forêt

Ta face voilée par la brume légère
M’intrigue par tous tes reflets éphémères
Tes chemins m’ouvrent une faim insatiable
D’apprendre, de vivre parmi tes semblables

Basile

À mon petit-fils

Le petit être fragile
Gracile
Jamais immobile
Ne se fait pas de bile

Docile
Habile
Agile
Son visage pétille

L’air tranquille
On le reconnait entre mille
Je vous présente Basile !

jeudi 30 avril 2020

Cupidon s'en fout ?

Pour cette étude, nous partirons d'une considération essentielle  : peut-on, comme le suggère Rita Mitsouko, partir du postulat suivant : "les histoires d'amour finissent mal !".

Comme dans toute analyse qui se respecte ; nous soulignerons, en référence,  la définition du verbe aimer en langue française, en effet, on peut tout aussi bien aimer un conjoint, un(e) ami(e), un membre de sa fratrie, un(e) cousin(e), un chat, un chien, une soupe et la saucisse de Francfort. on aime toujours mais différemment...

Afin d'éclairer nos propos, nous prendrons le cas de Jojo et de Gertrude.

Jojo, profitant des bienfaits d'un soleil printanier des plus agréables, se promenait en sifflotant dans les allées du zoo de la ville. C'est alors qu'il aperçut, non loin de lui, Gertrude sortie, elle aussi, pour s'aérer les méninges après plusieurs semaines de confinement.

L'allure altière de Gertrude, son port de tête, ses jambes élancées firent fondre littéralement le palpitant de Jojo.

Jojo, en gentleman, sut ne pas trop montrer son émoi mais il devait bien en convenir, il venait d'être frappé de plein fouet par un mémorable coup de foudre.

Gertrude, elle non plus, n'était pas indifférente aux charmes de Jojo, sa stature plutôt râblée, sa façon de se mouvoir de manière totalement dégingandée, son côté un peu bad boy n'étaient pas pour lui déplaire.

Mais, il y avait un problème, leur amour s'annonçait quasiment impossible et les deux amoureux en pleuraient à chaudes larmes de déchirement et d'impuissance. Pendant des mois et des mois, ils se rencontrèrent au zoo, avec le même élan excusif mais, à chaque fois, ils se trouvaient confrontés à une sorte de chimère passionnelle.

Doit-on en conclure que cet amour langoureux devait, forcément, finir mal ou devaient-ils apprendre à s'aimer autrement ?

Mais, me direz-vous : "pourquoi cette flamme partagée était-elle à ce point impossible et tragique ?" C'est un fait, il ne faudrait pas omettre un détail secondaire pour notre étude : Gertrude est une girafe et Jojo un teckel !

900px-Cupidon_Lenôtre.jpg, avr. 2020

dimanche 26 avril 2020

L’épanadiplose

Définition : Selon le Petit Robert ; l’épanadiplose est une figure de style consistant à répéter, à la fin d’une proposition, le mot ou le groupe de mots qui débute cette proposition.

J’ai proposé ce jeu lors d’un atelier d’écriture que j’animais.

Le texte quelque peu surréaliste que j’ai écrit avec ces contraintes :

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Ecritreve

Sur la table
Une feuille de papier
Un stylo quatre couleurs

Dans ma tête
Une foultitude de phrases
Une débauche de vers libres

Que faire de cette abondance
Sur l’immensité de la page ?
Comment dompter ce flux
Pour un si frêle feuillet ?

Le bic dans les starting-blocks
Je me prépare
Couleur noire
J’hésite
La bille se pose
Je me lance
Une phrase après l’autre
Lentement
Posément
Comme pour contraindre ma pensée.

Ce n’est qu’un premier jet
Il faudra le retravailler
Retourner sur le texte
Sur les vers sans rimes
Sur les strophes inachevées
Sur les accents chaleureux
Et les jambages d’opalescence.

Aujourd’hui encore
Je ne déposerai pas
Tout mon fouillis de vers !

Je pose mon stylo
Et conserve en moi
Des trésors d’imagination
Pour que le rêve ne tarisse pas.

écrire.jpg, avr. 2020

Souvenir

Jeu d’atelier d’écriture : Narrer un évènement passé en 5 lignes maximum au présent de l’indicatif.

Voici mon histoire, elle m’est réellement arrivée :

J’ai six ans, je me réveille, je suis allongé dans mon lit mais ne peux dégager les draps pour prendre ma respiration. J’étouffe, je panique, je crie, on vient, c’est la voix de mon père, je hurle, j’ai la tête au fond du lit… Il me dégage, me rassure, je souffle, je suis soulagé !

literie-1024x683.jpeg, avr. 2020

Le vers brisé

Concrètement, l’animateur d’atelier d’écriture va proposer un poème déchiré. Chaque écrivant devra créer 2 poèmes à partir des deux morceaux.
Une partie (côté gauche) commence le premier poème. L’autre partie termine le côté droit du second poème.

Voici le texte de départ, il s’agit d’un poème de Maurice Carême.

L’automne

L’automne, au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elle valse aux bras
Du vent qui les emporte
On dit qu’elles sont mortes
Mais personne n’y croit
L’automne, au coin du bois
Joue de l’harmonica.

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Coloristique

Jeu d’atelier d’écriture : écrire un texte à partir d’une œuvre de Mihai Criste

Mihai-Criste_11-1024x783.jpg, avr. 2020

Voici mon texte :

Couleurs bigarrées ou
Couleurs d’harmonie
Sur des flots de hasard
Swingue une frégate.

Sûrement un hacker gouaché
Si j’en crois les pavillons noirs
Mais rien n’est moins sûr.

Sur les voiles de toile
De grands noms
Monet et Munch
Vinci et Kandinsky
Botticelli ou Van Gogh
C’est un moment d’impression
De teinturier coloriste
Quand les rames productives
Transfèrent l’oeuvre
De Mihai Criste

Couleurs bigarrées ou
Couleurs d’harmonie
Sur des flots de hasard
Swingue une frégate.

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